Un jeu de mots, un dictionnaire non autorisé et quelques absurdités du travail indépendant. Comment une petite bêtise est devenue une expérimentation éditoriale qui continue à produire des définitions… parfois malgré son auteur.
Et si inventer des mots absurdes permettait de raconter très sérieusement certaines bizarreries du travail ?
Au départ, une bêtise de coin de carnet…
Un jour dans un carnet, j’ai noté ce jeu de mot : Pro Bonobo !
Et à côté, ce qui ressemblait beaucoup à une définition : Travail payé en monnaie de singe.
Quelques mois plus tard, en parcourant ce carnet, je retombe sur cette note qui me fait sourire. Et le sourire fait naître une idée… Et si je faisais un lexique pour Guitar Fail avec des mots inventés mais qui pourraient tout à fait être de vrais termes de l’univers guitaristique ?
A few Guitar Fail Lexicon entries later…
J’aime bien l’exercice et je me demande ce que je pourrais faire de ce Pro Bonobo ?
Un autre lexique pardi !
Une bêtise qui prend du volume
Bien, c’est un bon point de départ mais sur quoi ça pourrait porter ? Eh bien, comme le Port-Salut, c’est écrit dessus… Pro bonobo : Travail payé en monnaie de singe ! Mais bien sûr que ce lexique doit porter sur le travail. Et pourquoi pas sur ce que j’observe du travail par le bout de ma lorgnette de freelance.
Je me définis comme slasheur (slashie comme on dit outre-atlantique) mais le terme est flou pour beaucoup… En France et ailleurs. C’est quoi un Slasheur ? Oh ! Oh ! Oh ! J’ai une nouvelle définition… et ce sera la première… et elle donnera son nom au lexique !
Plus qu’une troisième définition et c’est bon, j’ai mon Volume 1 du Petit Dico (non autorisé) du Slasheur !
Une troisième définition parce que, autant que faire se peut, il faut toujours respecter le rythme de 3 de la comédie… Et les définitions ne laissent aucune place au doute, c’est bien de comédie qu’il s’agit. Une comédie qui cherche à toucher le réel du doigt, cela va sans dire…
Volume 1 parce qu’il est évident que les idées les plus anecdotiques méritent les plans les plus ambitieux… pour évidemment ne pas les respecter, sinon où serait le rire !
Pour la faire courte, l’idée de le nommer Volume 1 relevait plus de la blague qu’autre chose. En 3 définitions, j’estimais avoir fait 3 bonnes blagues sur l’identité du slasheur et quelques particularités du travail en freelance.
Et puis une chose que je n’avais absolument pas prévue est arrivée…
Le dictionnaire comme paire de lunettes déformantes.
Un objet parti d’un jeu de mots…
Poursuivi comme un one-shot pour jouer avec des mots du travail indépendant…
Est progressivement devenu un moyen de réfléchir à autre chose et surtout autrement !
Et donc un an après le Volume 1, ta-daaaah un tout aussi ambitieux Volume 2 ! Et cette fois-ci trois nouvelles définitions qui commencent à toucher à des phénomènes professionnels plus vastes, notamment à l’IA.
Une absurdité observée peut donner naissance à un mot comme slopywriter. Une façon de prendre de la distance avec un phénomène professionnel (et pas que) qui s’invite partout, des réseaux sociaux jusqu’à la vitrine du kebab du coin.
À l’inverse, un jeu de mot gratuit ou juste amusant comme agentrification peut finir par trouver sa place dans le réel. Au hasard, pour désigner la course effrénée à l’automatisation agentique…
Il n’y a pas vraiment de méthode préétablie… Disons plutôt que la méthode, c’est un ensemble d’observations, d’opérations mentales et de scribouillages qui laissent place à la liberté d’explorer. Et à la fin, il y a un rire impromptu qui révèle et relève des points de friction en lieu et place d’un commentaire sérieux et grave.
Un dictionnaire qui n’a pas dit son dernier mot ?
Un peu à l’image de la future première définition du très hypothétique Volume 3, née d’une publication Linkedin qui est apparu dans mon fil.
J’hésitais entre Mission Freelance-pierre et Rémunération Freelance-pierre. Ce sera la seconde… Et on verra bien quelle direction se dessine.
J’ai commencé en écrivant un mot pour rire d’une situation… Maintenant, certaines situations me donnent envie d’inventer des mots. Le processus n’est pas le même, l’intention reste inchangée : pointer une bizarrerie répandue ou une absurdité flagrante…
Parce que derrière l’absurdité, il y a souvent un vrai problème. Et l’humour est souvent une bonne façon d’aborder un problème pour lequel il n’y a pas de solution facile.
En effet, comment faire face aux missions à la rémunération freelance-pierre, à part les refuser et espérer qu’elles ne trouvent pas preneur ? Je n’ai pas de réponse à part continuer à trouver des façons d’en rire…
Et d’ailleurs, je dois pouvoir trouver un mot rigolo pour nommer ce processus itératif et stochastique…
Krrrr Krrrr Krrrr fait la machine cérébrale qui tourne…
Post-scriptum : Le Petit Dico (non autorisé) du Slasheur a trouvé sa place sur mon portfauxlio… parce qu’il faut bien ranger le désordre !